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26 août 2026 · 7 min d'écoute

2 — Livret A, LDDS, LEP : tes livrets décryptés

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La transcription complète

Imagine que tu poses mille euros quelque part au 1er janvier. Un an plus tard, tu regardes ton solde — il a augmenté. Mais pendant ce temps, les prix aussi ont augmenté. Alors la vraie question, c'est : est-ce que tes intérêts ont fait mieux que l'inflation, ou est-ce que tu as juste perdu moins vite que si tu n'avais rien fait ?

C'est exactement ce qu'on va démêler aujourd'hui. Livret A, L. D. D. S., L. E. P., C. E. L., P. E. L. — produit par produit, chiffre par chiffre. Et à la fin, tu sais exactement où tu en es.

Commençons par poser la règle de base. On en avait parlé la dernière fois : ce qui compte, ce n'est pas le taux affiché sur ton livret. C'est le taux réel. Et le taux réel, c'est tout simple : tu prends le taux de ton livret, tu soustrais l'inflation, et ce qui reste, c'est ce que tu gagnes vraiment. Ou ce que tu perds. L'inssé estime l'inflation deux mille vingt-six autour de deux pour cent. C'est notre boussole pour toute la suite.

Alors. Depuis le premier août deux mille vingt-six, le Livret A et le L. D. D. S. rapportent tous les deux un virgule soixante-dix pour cent net. Net, ça veut dire zéro impôt dessus — ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux. Ce que la banque affiche, tu le touches entièrement. C'est clair, c'est simple, c'est garanti.

Mais face à deux pour cent d'inflation, le taux réel tombe à moins zéro virgule trente pour cent. Moins. Tu perds du pouvoir d'achat. Pas beaucoup — sur mille euros, c'est trois euros par an. Sur dix mille euros, trente euros. Ce n'est pas dramatique à court terme. Mais sur cinq ou dix ans, ça s'accumule en silence.

Est-ce que ça veut dire qu'il faut fuir le Livret A ? Non.

Pour ton épargne de précaution — les trois à six mois de dépenses que tu dois pouvoir retirer demain matin, sans délai, sans risque — le Livret A est imbattable. Perdre zéro virgule trente pour cent par an sur cinq mille euros de réserve d'urgence, c'est le prix de la tranquillité. C'est raisonnable. C'est même sage. En revanche, laisser trente mille euros dessus alors que tu n'en as pas besoin d'urgence, c'est une toute autre histoire. Le plafond du Livret A, c'est vingt-deux mille neuf cent cinquante euros. Celui du L. D. D. S., douze mille euros. Ensemble, un même épargnant peut y loger jusqu'à trente-quatre mille neuf cent cinquante euros. Un couple, jusqu'à soixante-neuf mille neuf cents euros.

Et là, tout change.

Le L. E. P. — le Livret d'Épargne Populaire — c'est le grand gagnant de ce comparatif. Son taux depuis le premier août deux mille vingt-six : deux virgule cinquante pour cent net. Au-dessus de l'inflation estimée à deux pour cent. Taux réel : plus zéro virgule cinquante pour cent. Ton argent gagne réellement du pouvoir d'achat. C'est le seul livret réglementé qui fait ça en deux mille vingt-six. Le seul.

La Banque de France aurait pu baisser ce taux à deux virgule vingt pour cent — c'est ce que la formule mathématique donnait. Elle a choisi de maintenir deux virgule cinquante pour cent, par décision volontaire, pour protéger les épargnants les plus modestes. C'est écrit noir sur blanc dans l'arrêté du vingt-huit juillet deux mille vingt-six.

Bon. Il y a un hic.

Le L. E. P. est soumis à conditions de ressources. Il est réservé aux personnes dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain seuil. Si tu es éligible, c'est le premier livret à ouvrir — avant même le Livret A. Son plafond est de dix mille euros. Et comment tu sais si tu es éligible ? Regarde ton avis d'imposition. Le revenu fiscal de référence est indiqué en première page. Ton conseiller bancaire ou le site service-public.fr peut te le confirmer en deux minutes. Beaucoup de gens éligibles n'ont pas encore ouvert de L. E. P. C'est de l'argent laissé sur la table. Vraiment.

Passons aux cas particuliers. Le C. E. L. — le Compte Épargne Logement — rapporte maintenant un virgule vingt-cinq pour cent. Mais lui, il est soumis à la flat tax de trente pour cent. Après impôt, son rendement net tombe autour de zéro virgule huit cent soixante-quinze pour cent. Très en dessous de l'inflation. Il a une utilité si tu projettes un achat immobilier et que tu veux construire un historique d'épargne logement. Autrement ? Pas grand intérêt.

Le P. E. L. ouvert en deux mille vingt-six propose deux pour cent brut. Encore une fois, la flat tax de trente pour cent s'applique. Après impôt, le rendement net réel tourne autour d'un virgule quarante pour cent. Toujours sous l'inflation. Le P. E. L. a une logique à long terme, pour financer un projet immobilier. Pas pour protéger ton pouvoir d'achat au quotidien.

Et le Livret Jeune — pour les douze-vingt-cinq ans — offre au minimum un virgule soixante-dix pour cent, exonéré d'impôts. Certaines banques proposent plus, c'est leur choix. Si tu as moins de vingt-cinq ans, vérifie le taux proposé par la tienne. Plafonné à mille six cents euros, il sert surtout de premier réflexe d'épargne. Un bon départ.

Ce qu'on retient aujourd'hui, c'est ça : les livrets sont faits pour une épargne sûre, liquide, sans risque. Pas pour faire fructifier un capital sur le long terme. Le Livret A et le L. D. D. S. sont indispensables pour ton matelas de sécurité. Le L. E. P. est le seul qui bat vraiment l'inflation — si tu es éligible, ouvre-le maintenant. Le C. E. L. et le P. E. L. ont chacun leur utilité spécifique, mais pas pour protéger ton pouvoir d'achat. Et pour ce qui dépasse ton fonds d'urgence, il faudra aller chercher ailleurs.

C'est exactement là qu'on va aller dans le prochain épisode. Le P. E. A. — le Plan d'Épargne en Actions. Un outil pensé pour investir en Bourse tout en payant beaucoup moins d'impôts. Des rendements historiquement supérieurs à l'inflation, une fiscalité très avantageuse après cinq ans, et accessible même avec de petites sommes. Comment ça marche, pour qui c'est fait, comment démarrer sans se faire piéger.

En attendant, retrouve la fiche de cet épisode, sa transcription complète et ton cadeau de bienvenue sur cap-épargne point poddi point f. r.

La semaine prochaine, on parle vraiment d'investir. Et je crois que ça va changer ta façon de voir les choses.

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